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jeudi 30 novembre 2017

Une nuit dans la forêt






Nous y voilà. Après un peu plus d'une heure de marche, nous atteignons l'endroit où nous allons passer la nuit. Quand Cristobald, avant de partir, m'a donné mon hamac et un sac de nourriture, j'aurais dû me douter que la destination n'était pas celle d'un hôtel 5 étoiles.
Bon il faut accrocher les hamacs. Jusque là rien de compliqué.
Une bâche tendue nous servira de toit, pour la pluie, et éviter de recevoir sur la tête, tout ce que les singes ou perroquets pourraient nous balancer.
Par chance il ne pleuvera pas.



Il va vite faire nuit. Il faut donc rapidement aller ramasser du bois pour faire du feu. Cristobald ne fait pas dans le détail. Nous revenons avec chacun 3 troncs d'arbres. J'exagère un peu, mais ce ne sont pas des brindilles, et les branches font facilement 3 mètres de long. Pas facile d'avancer dans la jungle avec ça sur le dos. Ensuite il faut couper ce bois dans la longueur et la largeur. Après m'avoir montrer la technique, Cristobald me donne la machette pour que je continue pendant qu'il commence à préparer le feu. A l'aide de la machette il prélève de fines lamelles de bois, qui remplaceront le papier que nous n'avons pas.




Cristobald épluche une pomme de terre et un oignon, qu'il met dans une marmite d'eau avec un demi sachet de riz. Cela me paraît beaucoup pour deux. Il confectionne ensuite deux pics en bois sur lesquels il embroche un demi poulet et deux grosses saucisses. Il a certainement invité des amis à dîner.







Maintenant que tout est sur le feu, Cristobald attrape un morceau de bois dans lequel il confectionne une cuillère. Il me tend ensuite la machette, et me dit "à toi de faire ta cuillère". Ben j'ai pas trop le choix, si je veux manger.





Je vous laisse deviner quelle est la mienne


 Il faut se faire une assiette avec des feuilles. D'autres feuilles, plus grandes, serviront de nappe. Cristobald dispose la viande sur le buffet et allume 2 bougies plantées sur des branches, et me dit de me servir en riz. Finalement personne d'autre ne vient manger. Je me sers et lui tends la gamelle. Il me répond que c'est tout pour moi. Lui, mange de la farine de manioc qu'il prend par poignées directement dans le sachet. C'est impossible pour moi de finir le riz.
Un ruisseau passe légèrement en contrebas, et nous l'utilisons pour, boire, faire la cuisine, et se laver, mais à des endroits différents. En amont l'eau est utilisée pour boire et faire la cuisine, et en aval, pour la vaisselle et se laver. Ne surtout pas se tromper, si on ne veut pas boire de l'eau de vaisselle.
Il fait maintenant nuit noire. Nous allons nous coucher pour écouter parler la forêt. Un bruit face à moi me pousse à allumer ma lampe frontale que j'ai gardé sur moi au cas où j'aurais à me lever la nuit. Deux yeux me regardent fixement à environ 5 mètres de moi. J'en parle à Cristobald qui vient voir avec sa torche, mais l'animal a décidé de tourner la tête. Je ne saurais jamais qui avait décidé de veiller sur mon sommeil.
Après une bonne nuit, je me réveille à 06 heures 30. Cristobald est déjà réveillé. Après avoir allumé le feu, il met 2 œufs à cuire dans la marmite. Il refait chauffer de l'eau dans laquelle il met directement le café. Il prend ensuite un morceau de bois en partie consumé, qu'il trempe dans le café pour faire descendre la poudre au fond. C'est vrai que lorsqu'il me sert le café, il n'y a pas de marc dans mon gobelet.
Il a mis une banane non épluchée dans le feu pour la cuire, et des brochettes avec le restant de viande d'hier soir. A cela s'ajoute, une orange, des petites bananes, des crackers, et une papaye. Nous voilà calés pour affronter le chemin du retour, après avoir démonté le camp, et laissé place nette.

Petit déjeuner



Sur le chemin nous avons croisé, une tortue, des singes, des toucans, un scarabée bleu, et entendu un tapir.

Certains se laissent photographier, d'autres pas. Je n'ai eu que les moins rapides






Isabelle nous attend sur le banc devant notre bungalow, un peu inquiète, car je lui avais dit qu'un couple d'Allemands était rentré de la même expédition, la veille vers 6 heures, alors qu'il est déjà 8 heures. Certainement, n'avaient il pas pris de petit déjeuner, et avaient dû se lever plus tôt.
C'était une bien belle aventure, que j'aurais bien aimé prolonger.

La jungle.

Ce matin, nous sommes à l'heure au rendez-vous, mais Cristobald vient à notre rencontre pour nous dire que le réveil des animaux est annulé, car il pleut. Je pense que les animaux vont tout de même se réveiller, mais peut être de mauvaise humeur.
Plus qu'à attendre 7 heures pour le petit déjeuner.
A 9 heures, départ pour trois heures de marche dans la jungle. Après un quart d'heure de pirogue, nous débarquons au milieu de nulle part.
Durant cette marche, nous allons découvrir les différentes essences d'arbres, et leur utilité. Cristobald va tenter à plusieurs reprises de faire sortir des anacondas de leur trou. Au vu du diamètre du trou, nous nous tenons un peu à l'écart. Aucune de ces bestioles n'a daigné venir nous saluer. Après tout elles sont chez elles. Elles ne viennent pas nous déranger chez nous, ne les dérangeons chez elles.
Nous avons vu de belles plantes et de belles fleurs. La promenade n'est pas des plus aisée car il faut se frayer un chemin dans cette végétation luxuriante. Cristobald s'en charge avec sa machette.

Cristobald alias Rambo









Après le déjeuner, sieste jusqu'à 15 heures trente.
Nos compagnons d'aventures nous quittent pour rejoindre la civilisation.
A 15 heures 30, j'ai rendez-vous avec Cristobald, pour une nouvelle excursion dans la jungle, et pour y passer la nuit. Nous emmenons avec nous des hamacs, ainsi que de quoi nous préparer le repas du soir, et le café de demain matin.
Isabelle peu tentée par l'expérience, va rester au lodge se reposer. C'est surtout l'idée de voir un anaconda s'inviter dans son hamac qui semble un peu la gêner.

Départ pour la forêt amazonienne

En ce dimanche matin, alors que certains vont s'offrir une bonne grasse matinée, pour nous ce sera lever à 5 heures 45, pour affronter le petit déjeuner, qui, après renseignement pris, n'est servi qu'à partir de 6 heures 30.
Nous nous sommes délestés d'une partie de notre paquetage. Nous avions pour cela prévu un sac à dos plus petit, permettant d'y glisser le strict nécessaire à cette escapade amazonienne. Tout ce qui pouvait avoir un caractère abscons en a donc été banni. Le sac à dos principal est resté en consigne à l'auberge de jeunesse, où un casier sécurisé, a été mis à notre disposition.
Sac pour 4 jours

Un premier trajet en voiture d'une durée de 2 heures et demie, au cours duquel nous avons fait une halte dans un bar, où notre chauffeur nous a fait déguster un gâteau à base de noix du Brésil.

Sur la route le chauffeur s'est arrêté pour acheter des fruits, et nous a offert un paquet de litchis. Un autre couple brasilo/australien, Marina et Ed, partage notre voiture, et partageront également nos activités durant un jour et demi.

Nous avons ensuite poursuivi le voyage en pirogue. 30 minutes plus tard nous atteignons notre lodge.

Notre guide Cristobald, nous a fait visiter les installations. Cet ecolodge a une capacité d'accueil de 74 personnes, et en saison, le personnel atteint les 300 personnes, par roulement. Aujourd'hui, visiblement nous ne sommes que huit.




Nous avons découvert la flore entourant les chalets, ainsi qu'un antimoustique naturel. Il suffit pour cela de plonger sa main dans une fourmilière, et de se frotter les mains. Une odeur subsiste, et est censée éloigner les attaquants.
A 15 heures nous avons rendez vous pour une promenade en pirogue, et par la même occasion, une partie de pêche. Le produit de notre pêche est censé alimenter notre dîner.
Pour nous perdre dans cette forêt, souvent nommée "Poumon de la planète*", nous avons emprunté les voies fluviales. Le guide a distribué à chacun une pagaie, et tous en cœur nous avons pagayer.


Arrivés sur l'endroit propice à la pêche, nouvelle distribution, mais de lignes avec hameçons et morceaux de poulet. Pas de canne à pêche. J'ai réussi avec beaucoup de difficultés, à attraper ce que le guide appelle une sardine, mais qui me paraît bien grosse. Cristobald a quant à lui, pêché deux piranhas. Cela fait trois poissons pour cinq.


 Le repas va être maigre.

Ce soir,  après le dîner, à nouveau nous reprenons la pirogue, pour aller à la rencontre des crocodiles. Le problème en cette période, début de la saison des pluies, est que la forêt n'est pas encore inondée. Il est donc impossible d'y pénétrer en pirogue. Nous apercevons de loin des yeux qui nous guètent. A un moment la pirogue touche le fond. Cristobald nous invite à le suivre. Nous progressons dans une eau trouble, sans trop savoir ce qu'il va nous arriver. Tout d'un coup, Cristobald se baisse et attrape un caïman qu'il nous colle dans les mains. Après quelques photos nous remettons la pauvre bête à l'eau.

Après toutes ces émotions, retour au lodge, pour dormir un peu, car demain matin, nous avons rendez-vous à 5 heures 30, pour admirer le réveil des animaux.






* Il faut quand même savoir que le dioxygène produit par cette forêt, comme d'ailleurs toutes forêts anciennes, est sensiblement égal à celui qu'elle consomme. L'expression "Poumon de la terre" est donc très exagérée, car il nous serait très difficile de survivre avec des poumons aussi peu productifs. Je vous laisse faire des recherches sur le sujet, si vous souhaitez en apprendre plus sur l'écosystème d'une forêt. Si aller un peu de courage....

dimanche 26 novembre 2017

Arrivée à Manaus

A notre arrivée à Manaus, notre chauffeur nous attendait avec nos noms inscrits sur un papier, mais comme il tenait le papier le long de sa jambe, les noms contre lui, nous ne l'avons pas vu. Nous sommes sortis de l'aéroport, et ne voyant personne, nous sommes retournés à l'intérieur, où nous l'avons enfin trouvé.
Notre auberge de jeunesse se trouve juste en face l'alliance française. Décidément, après São Paulo, on pourrait croire que nous choisissons nos hébergements en fonction de l'emplacement des alliances françaises, ce qui n'est nullement le cas. Après les formalités d'usage, il nous faut attendre 14 heures pour que notre chambre soit prête. Il est midi. Nous allons nous poser un moment dans le patio, devant une boisson fraîche, et faire quelques photos de l'auberge. J'en profite pour avancer le blog.




après nous être installés, nous sommes allés visiter le centre historique de Manaus. De belles maisons restaurées, d'autres pas.




L'hôpital. On aurait presqu'envie d'être malade.





le théâtre. Une visite guidée très intéressante.






carrefour où nous sommes allés acheter de l'eau pour demain.



Dans les rues









Ce soir ce sera au lit de bonne heure car demain matin départ à 7 heures 15 de l'auberge de jeunesse pour 4 jours dans la jungle. Ce sera donc silence radio durant cette période. A bientôt pour la suite du voyage.....